Surmonter ses échecs

« C’est dur d’échouer, mais c’est pire de n’avoir jamais essayé de réussir. » — Roosevelt

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » (attribué à Guillaume d’Orange)

Imaginez-vous en train de réussir une action importante pour vous : l’espoir de réussir vous remplit aussitôt d’énergie. À présent, faites la même expérience en vous mettant en « mode échec » : la peur de l’échec nous glace le sang. Réussir ou échouer ? Gagner ou perdre ? A l’inverse d’un match de hockey ou d’une partie d’échec, les règles ne sont pas données à l’avance mais se définissent « en chemin », et évoluent au rythme de nos projets.

Nous nous efforçons dans certains cas de réussir quelque chose sans vraiment savoir au fond pourquoi (par conformisme, docilité…). « Est-ce que je fais bonne route ? » L’expérience d’un échec, c’est faire l’épreuve des faits. Or « les faits sont têtus (Kant) ». L’échec : Un warning qui incite à se remettre en question, à tirer les conséquences de nos actes, à accepter de changer. Quoi de plus apprenant que des entretiens de recrutement qui ne débouchent pas et qui nous enseignent soit que le poste n’est finalement pas fait pour nous, soit qu’il y a encore du chemin pour y arriver. Heureusement que l’échec est là pour nous le rappeler !

Souvenons-nous de nos premiers apprentissages :

  • Marcher : tomber deux fois, se relever trois
  • Conduire : caler trois fois dans une côte et démarrer, enfin !

L’intelligence humaine fonctionne par essais, erreurs et corrections. Nous apprenons autant de nos réussites que de nos échecs. A condition de se poser la question tout au long du processus : « à quoi puis-je reconnaître que telle ou telle action a réussi ou échoué ?». Si cela ne permet pas de réussir à tous les coups, c’est du moins une bonne façon de se prémunir d’une stratégie d’échec !

Deux conditions pour qu’un échec soit surmonté :

  1. Que l’échec ne soit pas nié : En nous renvoyant quelque chose du réel, il peut nourrir notre réussite future qui pourra s’inscrire dans ce réel.

  2. Ne pas en faire une affaire personnelle : ce n’est pas l’échec de mon « moi » mais simplement celui de la rencontre d’un de mes projets avec un contexte. L’étymologie persane d’« échec » (shah mat, qui donnera « échec et mat ») renvoie à la mort du roi. Lorsque nous nous identifions trop à nos échecs, nous avons l’impression qu’en nous « le roi se meurt ». Pourquoi ne pas penser au contraire que notre grandeur a besoin de l’échec pour se révéler, que c’est grâce aux échecs que le prince en nous se réveille enfin.